Livre 2.Le Reflet
du Monde
Extrait intitulé
"Le mur de la Honte"
Le cadre sociétal ne m’est pas étrangé, je m’y heurte depuis que je respire. J’ai bien conscience de l’inadéquation qui persiste entre lui et moi. Je sais que je suis et reste un peu bizarre, un peu atypique, un peu « pas comme tout le monde », un peu « pas comme les Autres », ceux qui composent cette société et dans laquelle ils se complaisent à merveille puisqu’ils l’entretiennent.
Je sais aussi que je provoque chez certains, une réaction de mépris. Il s’agit le plus souvent de celles et ceux qui n’ont pas l’intellect assez vaste pour entrevoir les choses de mon point de vue. Or, le monde paraît être divisé entre les Génies et les Couillons, ce que seul le public observant semble pouvoir décider. Me voici donc de l’étiquette des Couillons, des Différents, des ‘PasCommeCi’, de Ceux qu’il conviendrait d’enfermer derrière un mur pour défaire la société de leur présence … pour ne pas dire leur nuisance.
En toute sincérité, si la construction de ce mur me soustrait à leurs remarques constantes, que les Méprisants se méfient car je suis capable de les aider à le construire !
Puis, partis sur leur lancée, les Méprisants décideront d’y placer derrière tout ceux qui, comme moi, sont un peu déviant. Là encore, avec plaisir ! Après tout, comme dit l’adage, plus on est de fous, plus on rit. Au final on entreprendra même de peindre et de taguer notre face du mur pour y inscrire la Joie que nous avons à être Nous-même, laissant les Méprisants se nourrir de la pauvreté émotionnelle qui s’installera sous leur toit, à force de chasser toutes les bizarreries de la vie qui en font sa saveur.
Puis un jour, las de leur ineptie, les Méprisants chercheront à abattre ce mur qui les enferme dans la Tristesse pour nous rejoindre tandis que nous jouerions du violoncelle. De bonne grâce et les pardonnant de leurs erreurs, nous les aiderons à mettre cette barrière en pièce, le visage rayonnant de cet éclair d’humanisme qui nous caractérise.
Et c’est ainsi que, sur les gravats de cette barrière de tristesse, se créeront les retrouvailles d’un peuple uni et entier qui n’aurait jamais dû être divisé.
Les premiers murs sont ceux que l’on se crée dans l’esprit.
À bon entendeur …