Posons le contexte :

À cette époque, je faisais parti d'un atelier de lecture, animé par un auteur.

Cet atelier comportait des exercices parfois, et notamment celui-ci :
Nous devions prendre un détail et en faire un monde,
comme Dali l'avait fait dans son film Mongolie.
J'ai pris pour détail une interstice entre deux tables
... et nous étions le 17 Novembre 2018.

Depuis, j'ai quelque peut retravailler le texte,
en y rajoutant des fautes de français.
Au besoin, indiquez-les moi de manière polie
via le formulaire de contact.

La Faille

Ce n’est pas un faussé. Non. C’est un gouffre. Un gouffre qui sépare la ville depuis le Grand Chambardement. C’est ainsi que le maire a appelé le monstrueux tremblement de terre qui nous secoua lorsque j’avais 15 ans. Cette secousse sismique fut telle que le sol se déchira sous l’une des principales artères de la cité, précipitant nombre de pauvres automobilistes dans cette abysse mortelle. Des rames de métro disparurent aussi ce jour là, entièrement. Bien évidemment, il a engloutit des monuments historiques, pour certain magnifique. La brèche, non contente d’avaler de la sorte la population et le patrimoine, s’étendit, s’agrandit jusqu’à devenir la Faille qu nous connaissons à l’heure actuelle. Longue d’une vingtaine de kilomètre, elle est est large d’une centaine de mètre en moyenne, 500 à son endroit le plus éloigné et sépare la ville en deux parties presque égales, comme un coup de hache qui aurait été porté dans une bûche trop tendre et pas du tout préparer à ça. Des plus grands scientifiques, aucun ne fut capable d’expliquer pourquoi ou même comment un tel phénomène avait pu avoir lieux, ici, dans ce cœur palpitant de la France, j’ai nommé Paris.

Cette effroyable griffure, redessinant à jamais le paysage urbain, scinda la ville du Nord-ouest au Sud-est. Mais si il n’y avait eu là que l’éloignement, cela nous aurait presque enchanté, nous aurions pu construire des ponts. Non. C’était sans compter sur le déniveler qui s’instaura ce jours là. Comme poussé par des forces mystiques, la terre, jusque là nourricière, se tordit, se déforma et se bomba tant et si bien que, par endroit, c’est une falaise qui se dresse devant vous quand vous tentez de regarder par-delà la Faille. Et je vous laisse imaginez l’odeur que dégagent les égouts maintenant qu’ils débouchent en partie à ciel ouvert.

Depuis 20 ans que s’est passé le Grand Chambardement, l’être humain s’est organisé autour de ce que certains appellent « le léger désagrément » ou encore « le Gouffre des Finances ». Autant le premier surnoms est ironique ou n’a d’effet que dans les très hautes sphères, autant le deuxième fut une réalité que trop connu. En effet, dans le but charitable de resolidariser la capitale, des fonds astronomiques furent levés des six coins du pays pour ériger des ponts. Or, c’était comme si la Terre refusait tout geste en ce sens car assez rapidement apparurent des répliques sismiques, moins grave certes, mais brisant tous les liens avec leur espoirs. C’est exsangue financièrement que le pays s’arrêta d’approvisionner la recherche et la construction de lieux de passage. Chaque secousse venait rafraîchir la mémoire d’une population que trop meurtrie, terrorisé à la moindre vibration. D’ailleurs, celle-ci s’estompèrent, s’espacèrent mais furent toujours présente. Ainsi, la vie repris son court et l’humain migra. Il y eu le Paris de la hauteur, la partie Sud-Ouest qui s’est élevée, et de Paris de la bassesse, la partie Nord-Est.

Le Paris Élevé vit les prix des logements explosé et croître de manière exponentielle. Cette partie de la ville se remit à foisonner d’une vie incessante, cultiver et éclairer. À l’inverse du Paris Abaissé.

Dans le creux de cette muraille de pierre, la vie se délabra, se dessécha, se démembra. Rapidement, des gangs firent leur apparition, et tentèrent de régner parmi le chaos qui faisait loi. Les magasins furent pillés, les denrées alimentaires devinrent sacrée et l’être humain revint, de ce côté là, comme à l’âge de pierre. L’ordre n’était plus nulle part et les pouvoirs publics s’en moquaient éperdument, partant du principe que si nous vivions de ce côté du gouffre, s’était par choix. Personne, dans les hauteurs, ne compris jamais que nous ne pouvions nous installer à la campagne, ni dans d’autre endroits éclairé par défaut d’argent. Car l’argent, non content d’être le nerf de la guère qui gouvernait en ce bas monde, vint très vite à manquer ce qui fit exploser le marché noir. Et l’on se mit à manger du chien, du chat, du rat ; et du pigeon les jours de fêtes.

C’est de ce côté de la Faille que fut forcé de m’installer, moi qui étais devenue orphelin par la catastrophe. Je m’adapta et réussi même à investir une chambre de bonne où le soleil pénètre au plus haute heure du jours. L’escalier s’est effondré dans cette immeuble et je passe par les toits, ce qui me protège des ramassis d’ordures humaines qui battent le pavé. Je suis le Grimpeur, celui que nombreux poursuivent en vain car je les sèmes toujours, ou je les tue. Ma forme athlétique me permet de me faufiler de partout et mes muscles saillant me portent là où je le décide. Je suis surtout LE grimpeur, celui dont le talent est convoité pour escalader à peu prêt tout ce qui se présente, celui que l’on vient chercher pour les missions les plus périlleuses car le plus habile. J’ai cependant toujours refuser de me servir de mes aptitudes pour écraser les autres. Je ne sais que trop bien ce que c’est. Par contre, mon nom en ce monde fait frémir ceux qui me déteste car il savent qu’il n’existe aucun mur que je ne puisse escalader, aucun obstacle que je ne puisse surmonter, aucune limite que je ne puisse franchir. De même, ceux qui me déteste savent que j’ai mes propres lois et je ne n’hésite pas à rendre ma propre justice, peu importe le nombre de personne qui se trouve en face de moi. Voilà comment je suis respecter … ou crains, tout dépend du point de vue. Plusieurs personnes ont ainsi commencé à solliciter ma protection. Tous savent cependant que la Vie est rude et que je ne protège pas ceux qui trahissent ma personne, mes valeurs ou les membres de ma bande.

Veillant sur chacun comme je veille sur moi-même, je maintiens la stabilité de ce qui ressemble de plus en plus à une tribu où chacun agit pour l’autre autant que pour soit. Enfin, c’est collectivement que nous avons décidé de nous attaquer à la Faille. Car oui, il y a quelque chose qui gronde dans le ventre de cette société du bas, et cette chose s’appelle la rage. Rage nourrie par l’amertume d’avoir été abandonnés à notre sort, délaissés dans l’oublie physique et idéologique de la société des Hauteurs.

Mais ce temps est révolu. À la tête de cette armée prête à mourir plutôt que de retourner dans ce trou à rat, je pars à l’assaut de cette masse de pierre là où elle est le plus proche et envahir la haute société par sa faille la plus béante : la plus haute falaise de la faille. En effet, celle-ci n’est qu’à quelques mètres de notre partie et mon armée, composé d’homme et de femme vaillant, a construit un pont mobile et amovible qu’il suffira de pousser pour que j’accède à la roche d’en face. Je devrait ensuite monter pas moins de 500 mètres pour atteindre la première galerie de métropolitain puis dénouer la corde à nœuds qui sera enrouler autour de mon torse afin de l’attacher fermement à ce que je trouverait là haut et ainsi permettre à mes camarades de gravir à leur tour. Ce serait un jeu d’enfant si, à la suite d’erreurs techniques regrettables, la société des Hauteur n’avait pas rendu la paroi lisse et sans prise. Pour autant, notre opération sera une réussite, il le faut. Pour la gloire du petit peuple sur le beau, pour la gloire de ces hommes et femme qui m’ont patiemment suivi et surtout, pour la gloire de l’Humanité face à la Ségrégation.